Mes pensées du monde
Les pensées d'un homme sur les hommes et leur monde

Publié le mercredi 8 février 2006



Mercredi 8 février 2006

Ras-le-bol !!!

Vous trouverez ci-dessous une lettre de correspondance à une personne qui m'est très chère. J'en ai assez de tricher, je balance tout.

 

Calliope,

 

A défaut de pouvoir te parler, je t’écris un mail. Ca me soulagera toujours un peu… En ce moment, tu es en Egypte, j’espère que tu passes un excellent séjour. Profites en bien, et surtout, n’oublie pas aussi d’en profiter pour moi.

 

Tu vas finir par croire que je suis incapable de gérer le moindre monceau de stress dans ma vie. En tout cas, moi, je commence à me le demander. J’ai l’impression que mon mental est de moins en moins fort à gérer le stress. C’est peut-être lié aussi à mon travail, au fait qu’hier soir je l’ai quitté à 21h30, que j’ai mis 1 heure pour rentrer et que je me suis endormi vers 00h30…

 

C’est le contre coup peut-être. Car hier soir, j’avais sincèrement une pêche d’enfer !! Et ce matin aussi !! Mais aujourd’hui, un événement extérieur est encore venu entraver le cours paisible de ma chère vie, que j’essaye de construire autant que faire se peut. A midi, ma sœur m’a téléphoné pour m’annoncer qu’elle et son mari allaient sûrement se séparer… Ce n’est qu’une demi surprise, car ça fait déjà quelques mois que je voyais bien dans le jeu de mon futur ex-beau-frère le coup qu’il fomentait. Mais bon, ça fait quand même un choc. Dès ce soir, ou demain, ils vont, non pas faire chambre à part, mais maison à part. Garde des enfants un soir sur deux en semaine et un week-end sur deux. Je suis sûr que tu commences à deviner pourquoi je suis en stress…

Je suis en train de me dire que cette histoire aura des effets de bords sur moi, sur ma vie et sa construction. Moi qui voulait passer quelques mois tranquilles, sans stress, prendre le temps de me reposer, d’en profiter, et de réfléchir sur mon avenir, voilà que je vais me retrouver à sûrement devoir épauler ma sœur, pour la réconforter garder les enfants de temps à autres, sans compter que je suis stressé pour elle, son avenir, ses enfants. Quel avenir pour eux ?

Alors, en plus, je culpabilise, car je pense à ma propre vie. Je râle à cause de son malheur qui déborde sur ma vie, alors qu’elle vit et va continuer à vivre un vrai calvaire… Je trouve ça injuste. Mais depuis 5 ans, elle, elle a vécu plein de moments de bonheurs, et aussi, je les ai beaucoup aidé, pour pas mal de choses, alors que moi, je me galèrais… Et maintenant que je pourrais profiter de mes efforts, voilà qu’une fois de plus ma famille et ses tares me rattrapent. Comment veux-tu que je me construise, et que je construise ma vie, alors que je vis dans une anxiété permanente depuis 4 ans ?

Qu’est ce que je dois faire ? Que penses-tu de ma réaction ? Dois je partir loin pour me libérer de ces chaînes familiales ?

 

Toi et moi, on est presque pareil. Toi, tu as tout ce qu’il faut pour réussir. Enfin, tout ou presque, à part ce foutu handicap de merde. Moi, j’ai aucun handicap physique, globalement, j’ai toujours pu faire ce que je voulais, et construire ce que je voulais, mais à quels prix ? Les déceptions, les trahisons, et une famille sur laquelle je ne peux jamais vraiment compter… Je me retrouve toujours seul au final. J’ai l’impression d’essayer de construire une maison en bois, sur laquelle, alors que je suis en train de la bâtir, des incendies se déclareraient d’un bout à l’autre. Et moi, je suis avec un marteau dans la main, et un sceau d’eau dans l’autre. Je construis la maison (ma vie), et ma famille provoque les incendies. J’ai réussi déjà à récupérer un peu les fondations (ma psychologie) mais bon, je ne vais pas tenir comme ça éternellement. Surtout que pendant que j’utilise le sceau d’eau, je laisse le marteau de côté…

 

Alors, que dois-je faire ? Faire comme si de rien n’était, et vivre ma vie en simple égoïste ? Ce n’est pas réaliste… Car même si ma famille m’apporte beaucoup de soucis, elle m’apporte aussi de temps en temps un côté rassurant. Et puis il y a la culpabilité d’abandonner sa famille comme un père abandonnerait ses enfants. Je sais que je suis plus « intelligent » qu’eux, que je vois plus loin qu’eux, et qu’en les « aidant », j’améliore leur vie, ce qui améliore la mienne. Alors que si je les laisse de côté, je crains que ça dégénère et que ça me revienne dessus dans un état désastreux…

Que ferais-tu à ma place ?

Aujourd’hui, j’ai peur de te perdre, mais je n’exclus plus cette possibilité, pour ne pas tomber de haut le jour où cela se produirait.

Ce jour là, je serais véritablement seul. Car je n’aurai plus à cet instant d’interlocuteur à mon niveau. Je n’en ai pas eu beaucoup dans ma vie. Si je réfléchis bien, j’en ai eu 5 en te comptant. Les 4 premiers sont partis, ou ont pété un câble…

Voilà le tableau aujourd’hui. Je me demande, quel avenir pour moi ? J’aimerais bien pouvoir m’intéresser au monde, le visiter, m’instruire, et donner en retour. Mais comment y arriver quand la majeure partie de mon énergie est vouée à résoudre des problèmes bassement matériels et/ou familiaux ?

J’ai l’impression d’être un potentiel gâché, et non de gâcher mon potentiel. Je fais vraiment tout pour préserver ce potentiel, et l’utiliser. Mais… Toujours ces interférences dans ma vie…

Bilan au jour d’aujourd’hui : mon père est un retraité ruiné qui se fait hébergé gratuitement par son ex maîtresse. Ma mère est une femme aigrie, complètement déshumanisée, qui critique tout et tout le monde alors même qu’elle ne s’est jamais remise en question. Ma plus grande sœur est une trentenaire future divorcée avec deux enfants en bas age, qui ressasse depuis 15 ans ses problèmes psychologiques, et qui est incapable de les résoudre, même avec l’aide de véritables psy. Enfin, ma deuxième sœur est handicapée mentale et n’est pas autonome. Joli tableau, tu ne trouves pas ? Enfin, je n’ai pas à me plaindre. J’ai sué sang et eau pendant 5 ans pour payer et faire mes études et avoir une vie étudiante descente et aujourd’hui, j’ai une situation confortable en tant qu’ingénieur d’études dans une grande société. Je mange à ma faim. 90% des gens que je fréquente sont des cadres qui viennent de milieux sociaux plus élevés et seraient incapables de comprendre mon parcours et mes épreuves. Evidement, les filles que je rencontre, sont elles aussi de ce milieu, et ne font pas exception à cette règle. Sauf qu’en plus, elles ne sont jamais célibataires… Tous ces cadres, ayant eu et ayant des vies plus faciles, ont des opinions parfois stupides, voir inadmissibles. Ils ne savent pas réellement ce que c’est que travailler. Ils ne connaissent pas la valeur du travail, de l’argent et de la souffrance. Ils ont fait des études supérieures longues comme il faut passer un vaccin : parce que c’est obligatoire dans la société dans laquelle ils évoluent. Mais ils n’ont pas vraiment tiré profit de cet enseignement… Enfin, là, je généralise. Heureusement, ils ne sont pas tous comme ça. Si je t’avais au bout du fil, tu me parlerais de tes parents, et surtout de ton père… que tu me donnerais en exemple.

Bref, toujours en décalage entre d’où je viens, ce que je suis, et ce que je voudrais être. Et quand ce que je suis se rapproche de ce que je voudrais être, mes origines refont toujours surface…

Donc, dans ce sens, comment construire ma vie ?

Tout à l’heure, il y avait une rage en moi. Une rage qui me donnait envie de boire, fumer, et tuer quelqu’un qui me fait chier dans ma vie. N’importe lequel des mecs qui m’emmerdent. Là ça va mieux.

PUBLIÉ PAR Le Gardien des Etoiles | le 2006-02-08 13:36:01
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